Michael Guez, entrepreneur depuis plus de 20 ans, a accompagné sa mère puis son père pendant plusieurs années, sans savoir au départ qu’il était aidant. De cette expérience est née Famirelay, une application qu’il a cofondée pour aider les familles à s’organiser autour d’un proche. Dans cette interview, il partage ce que vivent les aidants au quotidien et ce que managers et entreprises peuvent faire pour les soutenir.
J’étais aidant sans le savoir
Faire les courses de ses parents, les appeler plusieurs fois par jour, passer les voir trois ou quatre fois par semaine : pour Michael, c’était simplement être un bon fils. Ce n’est qu’en entendant parler des aidants dans les médias qu’il a compris que ce rôle portait un nom, et qu’il concernait plus de 11 millions de personnes en France.
2 conseils pour ne pas craquer
Prendre conscience de son statut d’aidant, pour oser partager et déléguer à son entourage. Et en parler à son employeur, malgré la crainte pour sa carrière : un dialogue ouvert permet de trouver des solutions.
Ce que les entreprises peuvent proposer
Services de care management, aide aux démarches administratives, outils numériques : plusieurs solutions existent. Selon les mesures de Famirelay auprès de ses utilisateurs, un salarié aidant passe environ 1h30 par jour au travail à gérer sa situation, et l’application lui en ferait gagner 20 à 30 minutes.
Les 3 signaux à repérer chez un collaborateur aidant
Absences imprévues après un appel urgent, manque de concentration en réunion, téléphone toujours à portée de main : ces signaux traduisent une charge mentale permanente. L’aidant pense sans cesse à la personne qu’il accompagne : a-t-elle pris son médicament, le repas a-t-il été livré, l’auxiliaire de vie est-elle passée ?
Une application pour alléger la charge mentale
Le plus épuisant, selon Michael, c’était de répéter sans cesse les mêmes informations : aux intervenants à domicile, aux frères et sœurs, aux enfants. Famirelay permet de partager des comptes rendus de visite, d’échanger avec les auxiliaires de vie (avec traduction automatique des messages) et de signaler des points de vigilance, conçus après des entretiens avec environ 80 familles d’aidants.
Manager : comment aider un salarié aidant ?
La première clé est l’empathie : s’absenter ou être moins concentré n’est pas un choix. Le manager peut briser la glace pour en parler, puis chercher des aménagements : horaires plus souples, télétravail partiel ou complet depuis le domicile de la personne aidée.
Salarié aidant, salarié organisé
Un aidant bien entouré sait gérer plusieurs tâches à la fois et faire la part des choses entre son travail et son rôle d’aidant. Sens de l’organisation et sens des responsabilités sont des compétences qu’il apporte à son équipe.
