Dans un cockpit, ne pas décider ou décider trop tard n’est pas une option. Stéphane Dupriet, commandant de bord long-courrier en exercice sur A330 et A350, partage en quatre courtes vidéos les méthodes que les pilotes utilisent pour prendre de bonnes décisions sous pression, et la façon de les appliquer au management.
Conscience de la situation : la compétence que personne n’enseigne
On peut être précis au micron sur sa tâche, et pourtant à côté de l’essentiel. La conscience de la situation consiste à garder en permanence une vision claire de ce que l’on fait et de l’environnement dans lequel on agit. L’aéronautique a connu des incidents célèbres où un équipage, concentré sur un problème d’ampoule, n’a pas vu qu’il manquait de carburant. En entreprise, le même piège existe : travailler sur un projet sans lien avec le vrai enjeu du moment. Ces méthodes ne sont pas révolutionnaires en soi, mais leur pratique régulière rend chaque décision plus solide.
On ne naît pas décideur, on le devient
La prise de décision n’est pas un don inné : c’est une compétence qui se travaille, au même titre que les autres soft skills d’un manager. Avec de la réflexion, des méthodes et des outils, chacun peut progressivement devenir à l’aise pour décider, plutôt que de subir les décisions, ou pire, de ne pas en prendre.
Pourquoi les meilleurs décideurs parlent en dernier
Dans l’aéronautique, une règle fondamentale veut que la personne la moins élevée dans la hiérarchie s’exprime en premier, et le décideur en dernier. Si le commandant donne son avis d’emblée, il devient très difficile pour un membre d’équipage de le contredire. En inversant l’ordre de parole, le manager recueille la richesse de toute l’équipe, au lieu d’imposer sa vision et de risquer de bloquer ses collaborateurs.
Stéphane Dupriet intervient pour Coup de Projecteur en conférences, ateliers et team buildings sur la prise de décision, le leadership et la vigilance face à l’IA.
FORDEC : la méthode des pilotes pour décider sans se tromper
Le FORDEC oblige le cerveau à passer du mode intuitif au mode réflexion, en six étapes : les Faits, les Options, les Risques, la Décision, l’Exécution et le Contrôle. Stéphane Dupriet l’illustre avec un exemple du quotidien : choisir entre deux invitations le même jour. En appliquant ce processus à chaque décision, on évite de s’en remettre au simple feeling
